Algeria
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- Date submitted: 31 Oct 2011
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TABLE DES MATIERES I/ Renouveler l?engagement politique pour le développement durable II/ Evaluation des progrès réalisés et des lacunes dans la mise en oeuvre des résultats des Sommets sur le Développement Durable III/ Les défis nouveaux et émergents IV/ L?économie verte dans le cadre de l?éradication de la pauvreté et du développement durable V/ Le cadre institutionnel du développement durable La Conférence de Rio+20 sera une étape supplémentaire, après celle de Johannesburg, permetttant à la communauté internationale d?évaluer ensemble les acquis et les progrès enregistrés depuis 1992. Elle sera également une occasion que les participants saisiront pour mettre l?accent sur les objectifs non réalisés et les lacunes qui ont entravé la concrétisation des décisions et des recommendations des deux Sommets précédents afin d?apporter les améliorations nécessaires à l?agenda mondial post-2012. Cet agenda devra impérativement tenir compte des attentes légitimes des pays en développement dans la prise en charge de leurs préoccupations économique, sociale et environnementale, pour mieux répondre aux impératifs de la croissance et du progrès à même d?assurer à leurs populations une vie décente, dans une conjoncture marquée par une crise internationale multidimentionnelle. La contribution de l'Algérie à la préparation de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable qui aura lieu, à Rio de Janeiro, en juin 2012, s?inscrit dans le cadre de l'effort global de la communité internationale en faveur de l?avènement d?un développement respectueux de l?environnement. Elle est le fruit d?une évaluation non exhaustive des réalisations de notre pays aussi bien dans les domaines économique et social qu?environnemental, suite aux engagements pris au Sommet de Rio (1992) et aux conférences qui l?ont suivi. Elle reflète aussi les préoccupations qu?elle partage avec ses partenaires régionaux et internationaux, dans le cadre de l?Union Africaine, de la Ligue des Etats Arabes et du Groupe des 77 et la Chine qu?elle aura le privilège de présider au cours de 2012. I/ Renouveler l?engagement politique pour le développement durable La conférence de Rio constituera une opportunité, pour tous les acteurs de la scène internationale, de renouveler leur engagement à oeuvrer en faveur de l?avènement d?un monde solidaire privilégiant un développement pour tous, basé sur les principes de l?Agenda 21, des recommendations et des décisions issues des differents fora et Conférences et répondant aux aspirations des générations actuelles au Bien être et en préservant le droit des générations futures à jouir d?un univers viable. Dans ce cadre, l?Algérie souligne l?importance de la mise en oeuvre des engagements pris lors des innombrables Sommets et Conférences des Parties aux Conventions des Nations Unies sur l?ensemble des questions environnementales et de Développement Durable. Seule la concrétisation de ces engagements pourra inverser la tendance provoquée par une industrialisation aussi effrénée qu?irrationnelle de ces derniers siècles. C?est le prix à consentir pour l?émergence d?un monde développé respectueux de notre environnement naturel. Aussi, l?Algérie réaffirme-t-elle, son attachement aux principes de l?Agenda 21 notamment ceux de la responsabilité commune mais différenciée et des capacités respectives et au Plan de mise en oeuvre de Johannesburg (2002) ainsi qu?à toutes les initiatives lancées dans ce cadre, notamment, l?Initiative arabe de développement durable, adoptée au Sommet d?Alger (2005). En conformité avec ses engagements internationaux, notre pays a intégré la dimension de durabilité dans sa politique nationale de développement à travers les instruments de planification, et ce, dans un souci de maintenir l?équilibre entre les impératifs de son développement socio-économique et l?utilisation rationnelle de ses ressources naturelles. Depuis le Sommet de Johannesburg en 2002, il a intensifié ses actions dans le domaine de la protection de l?environnement et du développement durable, donnant ainsi une place importante aux aspects écologiques dans ses politiques publiques. II/ Evaluation des progrès réalisés et des lacunes dans la mise en oeuvre des résultats des Sommets sur le Développement Durable L?Algérie a mis en place une Stratégie Nationale de L?Environnement et un Plan National d?Action pour l?Environnement et le développement durable (PNAEDD), dans le cadre d?une approche participative associant l?ensemble des acteurs nationaux. Cette stratégie vise une croissance économique durable avec comme corollaire la réduction de la pauvreté en mettant en place des politiques publiques en matière d?amélioration de la santé et de la qualité de vie, la conservation et l?amélioration de la productivité du capital naturel, la réduction des pertes économiques et l?amélioration de la compétitivité, et enfin, la protection de l?environnement. Elle s'est traduite dans les faits par l'adoption de plusieurs lois dites de deuxième génération pour un développement durable. Plusieurs institutions et organismes ont été également créés tels que l?Observatoire National de l'Environnement et du Développement Durable, le Commissariat du littoral, l?Agence Nationale des Déchets, le Centre National des Technologies de Production plus Propres, le Centre de Développement des Ressources Biologiques, le Conservatoire des Formations aux Métiers de l'Environnement, l?Ecole des Métiers de l?Eau et l?Agence Nationale de l?Urbanisme. Le Schéma National d?Aménagement du Territoire (SNAT), objet de la loi n°10- 02 du 29 juin 2010, est un cadre d?orientation qui fédère un grand nombre d?actions de protection de l?environnement et d?aménagement du territoire dans un but de développement durable. L?Algérie a consacré d'importants financements dans le cadre de ses programmes d'appui à la relance économique et de soutien à la croissance dans le respect des impératifs du développement durable. Le Programme quinquennal en cours (2010-2014), vient renforcer l?approche intersectorielle et participative de la planification et de la mise en oeuvre d?une gestion intégrée des ressources naturelles. Il permet l?utilisation durable de la biodiversité, la lutte contre la dégradation des sols, la gestion rationelle de l?eau et la réduction des gaz à effet de serre. Notre pays a investit 100 millions de dollars sur fonds propres, dans un projet volontariste d?atténuation des émissions des gaz à effet de serre en séquestrant et en stockant le carbone dans les formations géologiques à Ain Salah (Sud de l?Algérie). Des politiques sectorielles sont mises en oeuvre dans les domaines de l'éducation environnementale, des ressources énergétiques, de l'économie des ressources hydriques, de la préservation des écosystèmes, du développement rural, de l'amélioration du cadre de vie et de la santé des citoyens, de la dépollution industrielle, et de la protection du patrimoine archéologique, historique et culturel. Ces politiques sont appuyées par la nouvelle fiscalité écologique basée sur le principe du « pollueur- payeur », afin d'inciter à des comportements plus respectueux de l'environnement. La loi n° 04-09 du 14 août 2004 relative à la promotion des énergies renouvelables a permis la mise en place d?un ambitieux programme de développement des énergies renouvelables et de l?efficacité énergétique pour la période de 2011-2030. Il s?appuie sur une stratégie basée sur la réduction de la dépendance de notre pays aux énergies fossiles,la valorisation du potentiel national en énergie solaire et la création d?emplois verts. Par ailleurs, un fonds pour les énergies renouvelables a été créé, en 2009, alimenté par une taxe de 0,5% prélevée sur la fiscalité pétrolière. L?Algérie a fait de la promotion des énergies renouvelables l?un de ses principaux défis pour assurer la satisfaction de la demande nationale dans les décennies à venir, en créant de l?emploi tout en préservant les ressources en hydrocarbures. D?ici 2030, environ 40% de la production d?électricité destinée à la consommation nationale sera d?origine renouvelable. Notre pays s?est attelé à la mise en oeuvre du programme ENR en comptant sur toutes les potentialités locales et avec l?objectif de développer des compétences sur toute la chaîne allant de la conception, l?engineering, et la réalisation. Au plan institutionnel, les agences suivantes ont été créees : la Commision de Régulation de l?Electricité et du gaz (CREG), l?Agence Nationale de Régulation des Hydrocarbures (ARH), l?Agence Nationale pour la Promotion et la Rationalisation de l?Utilisation de l?Energie. Dans le domaine des ressources en eau conventionnelles, la capacité de mobilisation des ressources superficielles des barrages est passée de 3,3 milliards de m3 en 1999 à 7,4 milliards en 2011 et atteindra 9 milliards en 2015. La réalisation de systèmes d?interconnexion des barrages permet aussi de renforcer davantage la mobilisation des ressources en eau superficielles et de constituer des réserves stratégiques pour limiter les risques liés aux aléas pluviométriques. L?Algérie a opté pour la réalisation de grands transferts régionaux pour assurer une équité territoriale dans l?accès à l?eau. Au cours de la décennie 2000 sept grands transferts ont été réalisés dont celui d?In-Salah-Tamanrasset (transfert d?eau sur 780 km). Trois autres transferts sont en cours de réalisation dont deux entre le Sud et les Haut plateaux Ouest et Centre avec un impact global à long terme pour plus de 20 millions d?habitants. Outre ces transferts, de nombreuses adductions à partir de barrages et systèmes aquifères ont été réalisées pour renforcer l?alimentation en eau potable. La satisfaction durable de la demande en eau implique aussi un recours élargi aux ressources non conventionnelles (dessalement d?eau de mer, utilisation des eaux usées épurées). Afin d?assurer la sécurisation de l?approvisionnement en eau des grandes villes et localités côtières, un programme d?envergure a été engagé pour la réalisation de 13 grandes stations de dessalement et de leurs aménagements aval, d?une capacité totale de production de 2,3 millions de m3 /jour. A ces grandes stations s?ajoutent 21 stations de petites capacités réalisées en 2002/2003 au titre d?un programme d?urgence. Le programme de dessalement permettra également de réaffecter à d?autres usages une partie des ressources mobilisées par les barrages et notamment pour renforcer le développement de l?irrigation. Outre l?impact écologique, les eaux usées épurées constituent une opportunité, voire une alternative, à la fois, pour développer la mise en valeur des terres, notamment dans les régions déficitaires et pour recharger artificiellement les nappes en situation de surexploitation, notamment les nappes côtières connaissant une salinisation. Le volume d?eaux usées épurées mis à la disposition de l?agriculture a atteint 600 millions de m3 en 2011 alors qu?il n?était que de 90 millions en 1999. Ce volume sera doublé d?ici 2014 avec les nouvelles stations d?épuration en cours de réalisation. Un cadre juridique a été établi pour l?encadrement de l?utilisation des eaux usées épurées en irrigation incluant les prescriptions de sécurisation sanitaire et environnementale. L?Algérie a engagé, au cours de la décennie 2000, un vaste programme de réhabilitation et d?extension des réseaux urbains de distribution d?eau ainsi qu?un renforcement des capacités de gestion du service public de l?eau. Grâce à ces actions, le taux de raccordement de la population au réseau public d?eau potable est passé de 78 % en 1999 à 94 % en 2011 avec une dotation moyenne de 170 l/j/hab et une distribution quotidienne pour 73 % de la population. L?amélioration des conditions d?approvisionnement en eau des populations dans les zones d?habitat dispersé constitue actuellement une nouvelle priorité pour garantir le droit d?accès à l?eau et à l?assainissement institué par la loi relative à l?eau. Avec l?extension et la réhabilitation des réseaux d?assainissement, le taux de raccordement est passé de 72 % en 1999 à 86 % en 2011 avec un objectif de 95 % en 2014. Outre le renforcement des infrastructures en réseaux, de nombreuses opérations ont été engagées au niveau des différentes villes et régions pour lutter contre les effets des inondations et la remontée des eaux excédentaires. S?agissant de l?objectif de protection des ressources en eau et de la valorisation des ressources non conventionnelles, un important programme de réalisation de stations d?épuration permettra d?atteindre un parc de 239 unités totalisant une capacité d?épuration de 1,2 milliards de m3/an en 2014. La superficie équipée au niveau des grands périmètres irrigués est passée de 157.000 ha en 2000 à 227.000 ha avec un objectif de 270. 000 ha en 2014. Pour la petite et moyenne irrigation, la superficie irriguée a atteint 980.000 ha principalement à partir des ressources souterraines, alors qu?elle n?était que de 350. 000 ha en 2000. L?objectif à atteindre en 2014 est de 1. 200. 000 ha. La politique de développement de l?irrigation, sous toute ses formes se poursuivra sur le quinquennal en cours grâce aux ressources en eau mobilisées et mobilisables qui seront mieux valorisées à travers l?utilisation des techniques d?irrigation économisatrices d?eau (irrigation localisée). Un ensemble de mesures normatives et organisationnelles ont été prises dans le prolongement de la création, en 1999, d?un ministère en charge de la politique de l?eau dans un cadre de concertation aux niveaux national et régional. Pour un objectif de préservation et de protection des ressources en eau, dans le cadre du développement durable, un ensemble de normes, outils réglementaires et instruments financiers ont été élaborés en application de la nouvelle loi relative à l?eau promulguée en 2005. Ainsi, les conditions normatives sont réunies pour assurer : ? La protection qualitative des ressources en eau à travers l?établissement de normes de rejet dans les milieux hydriques ainsi que la création de périmètres de protection des infrastructures destinées à l?alimentation en eau potable ou des nappes et cours d?eau vulnérables. ? La protection quantitative des ressources en eau à travers la création de périmètres au niveau des nappes en situation de surexploitation pour limiter les prélèvements d?eau ainsi que l?établissement et la mise en oeuvre de plans de lutte contre l?érosion hydrique dans les bassins versants en amont des retenues d?eau. ? La contribution financière des usagers de l?eau à travers des redevances préleveur ?payeur et pollueur-payeur dont les produits collectés permettent de soutenir les actions d?économie d?eau et de protection qualitative. En matière de développement organisationnel, visant une meilleure efficacité de la gouvernance de l?eau les structures sectorielles ont été réorganisées pour leur permettre d?assurer de façon cohérente leurs prérogatives dans le respect des principes et des objectifs de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Dans ce cadre, et pour promouvoir davantage la GIRE une Agence nationale a été créée en juillet 2011, en appui aux démembrements régionaux constitués par les cinq agences de bassins hydrographiques existantes auxquelles sont adossés des comités de concertation regroupant les représentants d?acteurs institutionnels locaux ainsi que des structures associatives. Le développement institutionnel dans le secteur de l?eau implique également une action multiforme de renforcement des capacités managériales et professionnelles, à travers la formation et la mobilisation du savoir faire, qu?il s?agisse de la maitrise d?ouvrage ou de la gestion des services publics de l?eau. Dans ce sens, une Ecole Supérieure de Management des Ressources en Eau a été créée en décembre 2010 et un partenariat public-privé en la forme de gestion déléguée renforcée par un management international a été mis en place entre 2005 et 2007 pour la gestion du service public de l?alimentation en eau potable et de l?assainissement au niveau des grandes villes du pays. L?Algérie a engagé des actions de désenclavement des zones déshéritées à travers la création de centres de vie le long des axes routiers traversant les zones du Sahara en améliorant ainsi les conditions de vie des populations pauvres. D?autre part, les nouveaux réseaux routiers participent à la fixation, voire, à la stabilisation des populations des régions arides et rurales. La densification de ces réseaux, l?amélioration des conditions de circulation par une meilleure offre en infrastructures routières diminuent la congestion des grandes villes. Une priorité est accordée au transport ferroviaire qui est appelé à irriguer une part importante du pays, participant ainsi aux efforts de désenclavement de notre territoire. Le réseau actuel de 4 000 kilomètres de voies férrées exploitées passera à 11 300 kilomètres d?ici 2020. L?ensemble de ce réseau sera électrifié, réduisant ainsi les nuisances sonores et les pollutions atmosphériques. Par ailleurs, dans le cadre des efforts engagés pour une économie verte, des infrastructures utilisants des techniques éprouvées en matière d?énergie renouvelable et de traitement des déchets industriels ont été réalisés.Il s?agit d?ateliers de maintenance des rames automotrices utilisées pour le transport des voyageurs dans la banlieue algéroise qui dispose d?une installation de 350 mètres carrés de panneaux solaires, d?installations pour le traitement des huiles usagées, d?eaux industrielles et d?eaux usagées. En plus de ces installations, tous les engins circulant dans ces ateliers utilisent l?énergie électrique pour leur traction. L?Algérie a engagé outre le transport par métro à Alger (mis en marche le 31 octobre 2011) et Oran, un vaste programme portant sur la réalisation de tramways au niveau des principales villes de pays et de systèmes de transport par câbles pour les villes au relief accidenté. Toutefois, la contribution de partenaires financiers étrangers et un transfert de technologie est nécessaire pour le renforcement et l?extension de ces projets. Ces actions complètent la politique pour la promotion de l?utilisation de carburants propres comme le GPL/C, le GNC et l?essence sans plomb. Les efforts concrets ont été fournis dans le domaine de la foresterie et de la protection des écosystèmes naturels. Sur le plan de la reconstitution et de l?extension du patrimoine forestier, le Plan National de Reboisement traduit les préoccupations forestières et écologiques du pays, il intègre les dimensions écologiques et sociales et s?inscrit également dans une perspective de développement de l?agriculture de montagne, de la mise en valeur des terres, de la lutte contre la désertification et de la protection et de la valorisation des ressources naturelles dans le cadre d?un développement durable. Les efforts fournis en matière de reboisement ont permis, depuis l?année 2000, à la restauration d?une superficie forestière estimée à plus de 530 000 hectares, dont une partie des reboisements touche la reconstitution des essences nobles à l?image du cèdre de l?Atlas et du chêne liège. Une étude portant inventaire forestier national (IFN) sur 3,4 millions d?hectares a été réalisée, touchant l?ensemble des forêts du nord du pays. En matière de lutte contre la désertification, l?Algérie s?est dotée d?une carte de sensibilité à la désertification, concernant 12 wilayas (départements) steppiques et couvrant une superficie de 27 millions d?hectares. Cette carte, établie à partir d?images satellites par l?Agence Spatiale Algérienne, a permis de cerner avec exactitude l?évolution du phénomène de la désertification et d?orienter, avec plus de précision, les principales actions de lutte, notamment l?atténuation des phénomènes d?ensablement. Dans le cadre de la conservation de la biodiversité des zones arides et sahariennes, 850 000 hectares, réparties sur trois régions (appartenant respectivement aux wilayas de Naâma, Béchar et Tindouf) ont fait l?objet de plans de gestion et sont en cours de classement en aires protégées. La protection et la conservation des écosystèmes fragiles à permis le classement de 47 zones humides d?importance internationale (liste de RAMSAR), notamment comme habitats clés pour les oiseaux migrateurs. La majorité des zones humides sont dotés de plans de gestion. En matière de conservation des espèces de faune sauvage, des efforts significatifs ont été fournis en terme de réhabilitation concernant deux espèces d?antilopes (gazelle dorcas et leptocere) et des réintroductions ont été opérées en in situ. Dans le cadre de la conservation des essences endémiques des zones sahariennes, l?arganier à fait l?objet d?une stratégie de réhabilitation et d?une aire protégée est en cours de création permettant sa conservation intégrale sur plus de 90 000 hectares. En matière de formation, d?enseignement supérieur, de recherche scientifique et d?éducation, des filières ayant trait à l?économie de l?eau, à la gestion des déchets et à l?environnement ont été introduites dans la nomenclature de ces secteurs. La solidarité nationale se traduit par de nombreuses actions dont le programme de développement communautaire participatif qui finance les petits projets de construction d?infrastructures de base et d?équipements (AEP, assainissement, électrification rurale, salles de soins), et ce, pour améliorer les conditions de vie des populations vivant dans des territoires défavorisés et marginalisés. Les projets réalisés dans le cadre de ce programme doivent avoir un impact social et économique et bénéficier de l?appui des responsables locaux ou de la société civile. Le secteur contribue à la promotion d?une économie verte grâce aux dispositifs dont ceux relatifs auxTravaux d?Utilité Publique à Haute Intensité de Main d?oeuvre et BLANCHE-ALGERIE (2006) pour le nettoyage des plages, ramassage des déchets, entretien et embellissement des quartiers. III/ Les défis nouveaux et émergents L'Algérie présente une vulnérabilité écologique: une fragilité de ses écosystèmes à la sècheresse et à la désertification, une érosion côtière effreinée et un stress hydrique chronique dans certaines régions. Elle présente également une vulnérabilité économique puisque son économie est mono exportatrice d'hydrocarbures (pétrole et gaz). Cette situation de double vulnérabilité représente, un défi que l'Algérie a entrepris de relever, en adoptant une approche intersectorielle et en réorientant la planification des politiques publiques vers l?adaptation aux changements climatiques, la lutte contre la désertification et la préservation de la diversité biologique et des ressources hydriques. Les changements climatiques qui occupent, à juste titre, l?agenda mondial, constituent une réelle menace pour l?ensemble des pays. Par conséquent, l?adoption par les pays de l?Annexe I du Protocole de Kyoto d?une deuxième période d?engagements est une condition essentielle pour la sauvegarde du régime international de lutte contre les changements climatiques. Afin de limiter le réchauffement climatique à 2°, ces pays devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d?au moins 40% entre 2013 et 2017. De leur côté, les pays en développement devraient continuer à participer à l?effort global d?atténuation, d?une manière volontaire et selon leurs capacités respectives. Ils doivent, par conséquent, bénéficier du soutien financier et technologique international. Au-delà des menaces climatiques dont l'impact sur les écosystèmes et le capital naturel entrave le développement, la faible capacité de résistance aux catastrophes naturelles, l?urbanisation rapide, le manque d?autosuffisance alimentaire, le surpeuplement dans les zones côtières, les migrations en provenance des pays du Sahel et la crise financière et économique mondiale constituent des défis émergents auxquels il faudrait trouver des solutions rapides et innovantes. IV/ L?économie verte dans le cadre de l?éradication de la pauvreté et du Développement Durable L?Algérie est favorable à une transition sereine et graduelle vers une économie verte qui repose sur les principes énoncés dans la Déclaration de Rio, de l'Agenda 21 et le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg, notamment le principe de responsabilité commune mais différenciée et celui des capacités respectives; de même qu?elle vise à atteindre les objectifs du développement durable. Les principes essentiels pour une transition vers une économie verte : Le concept d'économie verte qui ne doit pas se substituer à celui du développement durable, devrait contribuer à l?instauration d?un nouvel ordre économique mondial fondé sur les principes d'équité, d'égalité souveraine, d'interdépendance, d'intérêt commun, de coopération et de solidarité entre tous les États, conformément à la résolution 65/167 de l?Assemblée Générale des Nations Unies (2010). L'économie verte ne doit pas reposer sur une vision réductrice du développement durable privilégiant les piliers économique et environnemental au détriment du pilier social. Un tel déséquilibre aggraverait les inégalités sociales au niveau national et creuserait davantage le fossé entre les pays. Elle devrait être basée sur des fondements consensuels qui prendraient en considération les différents niveaux de développement socio-économique et environnemental des pays, la spécificité de leurs économies et leurs priorités nationales. La transition vers une économie verte ne doit pas s?accompagner de contraintes impliquant la mise en oeuvre de mesures allant à l'encontre des priorités économiques nationales (suppression des subventions, nouvelles taxes sur les produits d?exportation?). De même, elle ne devrait pas conduire à des conditionnalités et barrières commerciales, des normes ou politiques unilatérales ou des restrictions dans les domaines du commerce, du financement, de l'Aide Publique au Développement (APD), des prêts, du rééchelonnement ou de l?allégement de la dette. Les stratégies et politiques de développement visant à promouvoir une économie verte devraient contribuer à des progrès dans la réalisation des engagements antérieurs convenus dans le domaine du développement durable et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamennt en matière de financement, de transfert de technologies et de renforcement de capacités, seuls à même d?aider les pays qui en ont besoin à se développer d?une manière rationelle avec le souci d?une meilleure prise en compte des impératifs de léguer aux futures générations un environnement économique et social prospère, respectueux de leur droit à jouir également des richesses naturelles que recèlent leurs pays respectifs. Les objectifs d?une économie verte L?économie verte pourrait catalyser la coopération internationale vers la réalisation des objectifs de développement durable et l?éradication de la pauvreté en garantissant une harmonie entre les trois piliers du développement durable. Elle doit favoriser l?émergence d?un système commercial international juste et équitable, ouvert et robuste permettant de satisfaire les revendications et les besoins de tous les pays, en paticulier en développement et d?assurer l'expansion de la prospérité sur la base d'avantages mutuels et équitables. De même, elle ne pourrait être pleinement mise en oeuvre dans les pays en développement qu?avec la mobilisation de ressources financières nouvelles et additionnellles et de mécanismes équitables de transfert de technologie et de renforcement de capacités , à travers la création d?un Fonds spécial pour soutenir les efforts de transition vers une économie verte. L?économie verte servira à soutenir la recherche, l'innovation, l'éducation et les efforts entrepris pour le développement des technologies propres à travers la mise en oeuvre du Plan Stratégique de Bali pour l'appui technologique et le renforcement des capacités afin d?atteindre les objectifs énoncés dans le chapitre 34 de l?Agenda 21. Le partage des expériences et la diffusion des informations et des meilleures pratiques, à travers la mise en place d?une plate-forme composée d?experts est nécessaire pour soutenir les efforts de transition vers l?économie verte. Le développement de l?expertise en matière de planification stratégique et de gestion intégrée des ressources en eau, des énergies renouvelables, de lutte contre la désertification et de protection de la diversité biologique, devrait accompagner ce processus. IV/ Le Cadre Institutionnel du Développement Durable Il est établi que le système institutionel environnemental actuel, caractérisé par la prolifération d?accords, ne répond plus entièrement aux exigences de la communauté internationale en matière de développement durable. Son efficacité est amoindrie par la dispersion des efforts et des moyens mis en oeuvre. Par conséquent, sa réforme devient urgente et appelle à une refonte structurelle qui permettra : - une utilisation rationnelle des ressources humaines et des moyens ; - l?instauration d?un fonctionnement optimal et non redondant des institutions ; - une synergie entre les trois Conventions de Rio d?une part, et entre les Conventions et les autres institutions onusiennes, d?autre part ; - une transparence dans l?utilisation des ressources financières et dans l?élaboration de leurs programmes de travail et d?activités dans les pays en développement ; - une participation significative et effective des pays en développement dans les instances de gouvernance et les mécanismes financiers ainsi que dans l'élaboration des politiques et stratégies de développement durable ; - une contribution des pays en développement à la prise de décisions internationales dans le domaine économique. - Une implication effective de la société civile dans la mise en oeuvre des objectifs du développement durable. La réalisation de ces objectifs permettra de renforcer l?efficacité du système actuel sans le recours à la création de nouvelles institutions qui genèreraient des contraintes supplémentaires organisationnelles, fonctionnelles et financières. L?Algérie, pays africain, soutient pleinement la décision de l?Assemblée de l?Union Africaine adoptée lors de sa dix-septième Session, tenue à Malabo, du 30 juin au 1er juillet 2011 qui reconnaît que les structures institutionnelles actuelles ne répondent pas pleinement aux besoins de l?Afrique en matière d?environnement, de développement durable et de changement climatique dans le contexte de la révision du cadre institutionnel pour le développement durable, et prend en considération la nécessité de renforcer, consolider et transformer le Programme des Nations Unies pour l?Environnement en une institution internationale spécialisée pour l?environnement basée à Nairobi, (Kenya). Alger, le 31 octobre 2011.
